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Or nordique · Histoire

ORIGINE & FABRICATION DE L’OR NORDIQUE.

de la genèse suédoise de l’alliage en 1991 à son adoption pour les centimes d’euro en 1999

L'histoire industrielle de l'alliage scandinave
L’essentiel en une phrase
L’or nordique a été breveté en 1991 par l’affineur suédois Aurubis AB (anciennement Norddeutsche Affinerie), pour remplacer le maillechort utilisé dans la pièce de 10 couronnes suédoises (10 SEK). La Banque centrale européenne l’a adopté en 1999 pour les pièces de centimes d’euro lors du passage à la monnaie unique. La production reste centralisée chez Aurubis (Hambourg, Allemagne, depuis 2009).

Lor nordique doit son nom à son origine scandinave. Il est le fruit d’un programme de recherche métallurgique commandé par la Banque royale de Suède à l’aube des années 1990, dans un contexte particulier : la nécessité de remplacer le maillechort, alliage cuivre-nickel-zinc, dont l’usage monétaire devenait problématique en raison du caractère allergisant du nickel. Le présent article expose cette genèse industrielle et l’adoption ultérieure de l’alliage pour la frappe des centimes d’euro.

Du contexte scandinave des années 1980-1990

À la fin des années 1980, plusieurs Banques centrales européennes — Suède, Norvège, Finlande, Royaume-Uni — se préoccupent du caractère allergisant du nickel contenu dans le maillechort utilisé pour la frappe de certaines pièces. La directive européenne 94/27/CE, adoptée en 1994, limitera officiellement la teneur en nickel des objets en contact prolongé avec la peau. La Sveriges Riksbank (Banque royale de Suède) lance dès 1989 un appel d’offres auprès des affineurs européens pour concevoir un alliage de substitution : couleur jaune dorée, sans nickel, résistant à la corrosion, coût de production modéré, aptitude à la frappe industrielle de masse. La réponse retenue sera celle de l’affineur allemand Norddeutsche Affinerie.

De la mise au point chez Norddeutsche Affinerie

L’affineur Norddeutsche Affinerie, basé à Hambourg, est à cette époque l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et d’alliages cuivrés industriels. Ses chimistes mettent au point en 1990-1991 la formule définitive de l’alliage : cuivre 89 %, aluminium 5 %, zinc 5 %, étain 1 %. La nuance d’aluminium — inhabituelle pour un alliage monétaire — constitue la clé de l’innovation : elle pousse la teinte du cuivre vers le jaune doré et améliore la résistance à l’oxydation, tout en restant compatible avec les contraintes de la frappe à haute cadence. L’alliage est breveté en 1991 sous l’appellation commerciale Nordic Gold (or nordique). La société Norddeutsche Affinerie deviendra Aurubis AG en 2009.

De l’adoption pour la pièce de 10 couronnes suédoises

Le premier usage monétaire de l’or nordique est la pièce de 10 couronnes suédoises (10 SEK), frappée par la Monnaie royale de Suède (Mynt) à partir de 1991. Cette pièce, équivalente à environ 0,90 € au taux de change moyen 2026, présentait à l’époque toutes les caractéristiques recherchées : couleur dorée distinctive, légèreté relative (~6,6 g), absence de nickel allergisant. Elle est toujours en circulation aujourd’hui en Suède, et constitue la plus ancienne utilisation continue de l’alliage. La désignation or nordique s’est imposée par référence à cette origine suédoise.

De l’adoption européenne en 1999

Lorsque la Banque centrale européenne définit, à partir de 1996, les spécifications techniques des pièces de la future monnaie unique, l’or nordique apparaît comme la solution la plus adéquate pour les pièces de centimes intermédiaires (10, 20, 50 cts). Les critères retenus — couleur distinctive, absence d’allergène, frappe de masse possible, coût modéré, résistance à l’usure de circulation — correspondent exactement à ce que l’alliage Aurubis avait été conçu pour atteindre. La décision est officialisée en 1997, et la production des premières pièces euro en or nordique commence en 1999, pour la mise en circulation officielle le 1er janvier 2002.

De la production contemporaine

La production de l’alliage reste aujourd’hui centralisée chez Aurubis (Hambourg, Allemagne), qui fournit l’ensemble des ateliers monétaires européens en flans (disques métalliques bruts) prêts à être frappés. Les flans sont ensuite expédiés vers les ateliers nationaux : Monnaie de Paris (Pessac), Real Casa de la Moneda (Madrid), Münze Österreich (Vienne), Suomen Rahapaja (Vantaa, Finlande), et autres. La centralisation chez Aurubis garantit l’uniformité de composition de l’alliage à l’échelle européenne — condition nécessaire à l’interopérabilité monétaire des pièces. Pour la dimension de production en France, voir notre page dédiée.

Notre observation — Le brevet original de 1991 sur l’or nordique est aujourd’hui tombé dans le domaine public — mais Aurubis conserve un quasi-monopole de fait sur la production européenne, grâce à son expertise accumulée et à la qualité régulière de ses flans monétaires. La concurrence potentielle d’autres affineurs (Boliden en Suède, KGHM en Pologne) reste limitée à ce jour.

On consultera également la notice principale sur l’or nordique, la composition technique de l’alliage, la page sur les pièces d’euro, et notre pilier consacré au cuivre, métal majoritaire de l’alliage.

— Fin de la notice —

À propos de l'auteur

Sébastien Joumel

Rédacteur en chef du Lingoteur

Sébastien Joumel signe l'ensemble des chroniques et guides du Lingoteur. Passionné de web, d'investissement et de numismatique, curieux des objets durables et de leur valeur, il applique à chaque article la méthode éditoriale propre à la maison : sources institutionnelles primaires (LBMA, LPPM, LME, Code général des impôts), vérification croisée des données chiffrées, relecture par un confrère indépendant.

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Publié le 11 juin 2026 · Le Lingoteur