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Or nordique · Composition

COMPOSITION DE L’OR NORDIQUE.

des proportions exactes des quatre métaux de l’alliage Cu89-Al5-Zn5-Sn1

Le creuset des quatre métaux de l'or nordique
L’essentiel en une phrase
L’or nordique est composé de 89 % de cuivre (Cu), 5 % d’aluminium (Al), 5 % de zinc (Zn) et 1 % d’étain (Sn). Densité : environ 7,7 g/cm³. Point de fusion : ~1 030 °C. Il appartient à la famille des bronzes industriels — alliages à base de cuivre — et non aux métaux précieux. Sa formule a été brevetée en 1991 par l’affineur suédois Aurubis.

La composition de l’or nordique n’a rien d’aléatoire : chaque proportion a été calibrée par les chimistes d’Aurubis AB pour répondre à des critères précis — couleur jaune dorée durable, absence de nickel (allergène), résistance modérée à la corrosion, faible coût de production. Le présent article expose le détail de chacun des quatre constituants, leur rôle dans l’alliage et les propriétés physico-chimiques qui en résultent.

Du cuivre majoritaire (89 %)

Le cuivre constitue la base de l’or nordique, à hauteur de 89 % en masse. C’est lui qui détermine la majeure partie des propriétés de l’alliage : conductivité électrique élevée, ductilité, résistance à la corrosion atmosphérique, et surtout cette teinte rouge-orangée qui, mélangée à l’aluminium et au zinc, vire au jaune doré recherché. Le cuivre utilisé est de qualité industrielle standard (titre 999, électrolytique), produit par les grandes affineries européennes (Aurubis Hambourg, Boliden Suède, KGHM Pologne). Pour mémoire, le cuivre métal se négocie sur le London Metal Exchange (LME) autour de 13 €/kg en 2026.

De l’aluminium (5 %) et du zinc (5 %)

L’aluminium, à hauteur de 5 %, joue trois rôles essentiels : il allège l’alliage (l’aluminium ayant une densité de 2,7 g/cm³ contre 8,96 pour le cuivre pur), il blanchit légèrement la teinte rougeâtre du cuivre pour la pousser vers le jaune doré, et il renforce la résistance à l’oxydation atmosphérique (formation d’une couche protectrice d’alumine). Le zinc, également à 5 %, contribue à la blancheur de l’alliage et améliore l’aptitude à la frappe monétaire en abaissant le point de fusion. C’est ce trio cuivre-aluminium-zinc qui produit la couleur caractéristique de l’or nordique.

De l’étain (1 %) et de son rôle subtil

L’étain ne représente que 1 % de la masse, mais son rôle est subtil et déterminant : il stabilise la microstructure de l’alliage à haute température, prévient certaines réactions de ségrégation entre les phases cuivre et aluminium, et améliore la tenue mécanique de la pièce frappée. Sans cet ajout d’étain, l’alliage présenterait une porosité interne préjudiciable à la durabilité des pièces de circulation. Cette présence d’étain rattache d’ailleurs marginalement l’or nordique à la grande famille des bronzes, qui sont historiquement des alliages cuivre-étain.

Des propriétés physiques résultantes

L’alliage présente les propriétés moyennes suivantes : densité 7,7 g/cm³ (très inférieure aux 19,3 g/cm³ de l’or véritable, ce qui constitue un test discriminant simple) ; point de fusion environ 1 030 °C ; dureté Brinell 100-120 HB (alliage modérément dur, frappe aisée à la presse monétaire) ; résistance à la corrosion excellente en milieu atmosphérique sec, moyenne en milieu humide (oxydation lente qui ternit la couleur après quelques années de circulation) ; magnétisme nul (test du barreau aimanté : aucune attraction). On consultera notre comparaison avec l’or véritable pour les autres critères d’identification.

De la comparaison avec d’autres alliages cuivrés

L’or nordique se distingue des autres alliages cuivrés courants. Le bronze traditionnel est un cuivre-étain (Cu90-Sn10), couleur rougeâtre ; le laiton est un cuivre-zinc (Cu60-Zn40 typiquement), couleur jaune mais plus pâle ; le maillechort ou alpaca est un cuivre-nickel-zinc (Cu60-Ni20-Zn20), couleur argentée. L’or nordique se rapproche le plus du laiton industriel, dont il se distingue par l’ajout d’aluminium qui pousse la teinte vers le doré et par la suppression du nickel pour l’aspect non-allergène. C’est cette nuance d’aluminium qui justifie son nom commercial évoquant l’or.

Notre observation — On notera que la formule officielle (Cu89-Al5-Zn5-Sn1) peut connaître de très légères variations selon le pays producteur et le millésime de la pièce, dans une tolérance de plus ou moins 0,5 % par constituant. Ces variations sont sans impact sur la couleur ni sur les propriétés monétaires.

On consultera également la notice générale sur l’or nordique, la page consacrée aux pièces de centimes d’euro, la comparaison méthodique avec l’or, et notre pilier consacré au cuivre, métal majoritaire de l’alliage.

— Fin de la notice —

À propos de l'auteur

Sébastien Joumel

Rédacteur en chef du Lingoteur

Sébastien Joumel signe l'ensemble des chroniques et guides du Lingoteur. Passionné de web, d'investissement et de numismatique, curieux des objets durables et de leur valeur, il applique à chaque article la méthode éditoriale propre à la maison : sources institutionnelles primaires (LBMA, LPPM, LME, Code général des impôts), vérification croisée des données chiffrées, relecture par un confrère indépendant.

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Publié le 11 juin 2026 · Le Lingoteur